Le même vieux pire

Le même vieux pire

Bonne année, le paradis à la fin de tes jours !

Fêter le jour de l’an, c’est célébrer la mort. Une année de plus sur son chemin, avec le paradis en récompense. Y a-t-il vraiment matière à se réjouir ?

Allons, arrêtons de nous raconter des histoires et faire semblant que la vie est belle. C’est une horreur ! On a le choix entre la guerre, le viol, la prostitution, l’esclavage …ou le suicide puisque, de toute façon, on finit par mourir ! Cessons de célébrer les mariages, l’échange commercial sexe-sécurité pour une vie de sacrifice à deux. Cessons de louanger les naissances, l’arrivée d’un nouvel esclave au cheptel des banquiers. Cessons de commémorer les anniversaires, un pas de plus vers la tombe. Arrêtons de faire semblant que la vie n’est pas si mal, après tout, et mérite d’être vécue. STOP au romantisme de la vieille misère.

Pour tenir le coup, on s’étourdit du mieux qu’on peut. Les enfants y contribuent largement. Ils nous volent notre insouciance, notre sommeil, notre énergie, notre argent, notre temps, notre intimité, nos rêves. En retour, nous leur offrons le choix entre le désespoir (pour les garçons) et la désespérance (pour les filles). Comme preuve ultime d’amour, nous leur réservons un bon divorce avec garde partagée !

S’il nous reste quelque force, on l’emploie à s’évader du quotidien infernal. On a l’embarras du choix des moyens pour se « geler ». La liste des fuites est longue. On y trouve autant de variété que d’individus : travail, alcool, drogue, médicaments, sexe, voyages, sports, spectacles, jeu, distractions de toutes sortes, tout sauf ressentir le mal-être et l’angoisse profonde qui nous habitent.

Malgré cette vigilante prévention, la dépression (burn-out pour les professionnels et les cadres) rôde et fait d’innombrables proies. Ouf, un p’tit répit à la haute pression du stress, à la guerre intérieure permanente entre mon âme qui veut l’émancipation de mon être et mon ego qui veut la sécurité de mon avoir. Lequel l’emportera ? L’ego, bien sûr, après une bonne ordonnance d’antidépresseurs du médecin, lui-même inconscient et mort-vivant. Voilà comment remettre le client sur la voie de la normalité, comme tout le monde. « Vous n’y êtes pour rien. Vous êtes victime d’une mauvaise transmission de votre sérotonine cérébrale », rassure-t-il son patient. Et le déprimé zombie obéit, redevient fonctionnel et reprend le chemin de la mort !

Si la maladie est clémente et la vieillesse patiente, nous connaîtrons la phase ultime du bonheur sur terre, le rôle de grands-parents. Nous nous croyions enfin libres et disponibles pour reprendre nos projets abandonnés en cours de route. Mais les enfants sont débordés et n’y arrivent pas. La vie n’est plus ce qu’elle était, voyez-vous ! Voilà encore une belle façon de masquer notre mal à l’âme. Heureusement qu’il y a une contrepartie valable, présumée et tacite, à cet échange. Nous pourrons compter sur nos enfants pour prendre soin de nous quand le temps sera venu…

ÉCOUTONS PERSONOCRATIA

Nous vivons dans un monde d’illusions où règnent le mensonge et la mort. C’est infernal. En vérité, le temps n’existe pas, pas plus que la mort. La vie éternelle est déjà dans nos cellules, elle attend d’être libérée. Nous n’avons pas besoin de mourir pour connaître le paradis. Voilà de bonnes nouvelles, non ? Même si vous ne le croyez pas, permettez-vous au moins de souhaiter à vos amis «le paradis SANS la fin de tes jours». C’est quand même plus sympa !